Le pdt de l'association JAI, le maire d'Ifangni, le représentant de Arcep Bénin (de gauche à droite)

Numérotation à 10 chiffres au Bénin : le département du Plateau est prêt

C’est sous le soleil d’Ifangni que s’est tenu, le 21 décembre dernier, un atelier pas tout à fait ordinaire. À l’Hôtel Odense, des habitants, des chefs de quartier, des élus et des représentants d’associations se sont retrouvés pour parler d’un sujet qui concerne chaque Béninois au quotidien : le passage au numéro de téléphone à 10 chiffres.

L’événement était organisé par l’Association Jeunesse Active pour l’Intégration et l’Éducation (JAIE), avec le soutien de l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et de la Poste du Bénin (ARCEP Bénin). Après une première étape réussie dans le département de l’Ouémé, c’est donc au tour du Plateau d’être sensibilisé à cette réforme nationale.

 

Une commune souvent oubliée, enfin au cœur du sujet

Ce qui a frappé dès le début de la journée, c’est la mobilisation. Des leaders communautaires venus des différents arrondissements d’Ifangni, mais aussi des autres communes du Plateau, avaient fait le déplacement. Le maire d’Ifangni en personne, Franck Okpeicha, a ouvert les travaux, un signal fort qui montre que cette réforme est prise au sérieux, jusque dans les territoires les plus éloignés des grands centres urbains.

Dans son allocution, le maire a d’ailleurs tenu à rappeler une réalité que beaucoup connaissent : le Plateau est souvent laissé pour compte quand il s’agit de télécommunications. Que des acteurs comme JAIE et l’ARCEP viennent jusqu’ici pour informer directement les citoyens, c’est une démarche qu’il a saluée avec chaleur.

 

Pourquoi ce changement, et est-ce qu’on doit s’inquiéter ?

Ignace Hounkonnou, président de JAIE, a pris la parole pour remercier l’ARCEP de son appui et rappeler l’essentiel : tous les Béninois vont devoir mettre à jour les numéros enregistrés dans leurs téléphones. Les anciens numéros à 8 chiffres ne disparaissent pas du jour au lendemain, mais la transition est en marche, et mieux vaut ne pas se laisser surprendre.

Waliyou Koudoro, représentant de l’ARCEP, a lui aussi pris soin de rassurer l’assistance. Non, cette réforme ne va pas faire augmenter les tarifs. Non, la qualité des appels ne va pas se dégrader. Il s’agit simplement d’une modernisation du système de numérotation, rendue nécessaire par la croissance du nombre d’abonnés et les besoins futurs du pays en matière de communications.

 

L’application qui simplifie tout

L’une des grandes nouveautés présentées lors de cet atelier, c’est l’application CONVNUM, développée par l’ARCEP. Elle permet, en quelques secondes, de convertir un numéro à 8 chiffres en numéro à 10 chiffres. Pas besoin d’être un expert en technologie : un représentant de l’ARCEP a guidé les participants, pas à pas, pour qu’ils puissent tester eux-mêmes l’outil sur leur téléphone.

Ce moment pratique a été particulièrement apprécié. Voir comment fonctionne concrètement la conversion, et le faire soi-même, c’est bien plus parlant qu’une simple explication théorique.

 

Droits et devoirs : les consommateurs ne sont pas seuls

 

le représentant de Arcep Bénin présente l

Un second panel animé par John Gbenagnon a permis d’aborder un angle souvent négligé : les droits des utilisateurs. Car au-delà de la technique, la réforme pose des questions légitimes. Que faire si un opérateur ne respecte pas ses engagements pendant la transition ? Vers qui se tourner en cas de problème ? Ces questions ont trouvé des réponses claires, et les participants sont repartis mieux armés pour défendre leurs intérêts.

 

Des participants prêts à relayer le message

La journée s’est terminée par un échange ouvert, et le bilan était positif. Plusieurs participants ont exprimé leur satisfaction, soulignant que les explications étaient accessibles et les exercices utiles. Mais ce qui est peut-être le plus encourageant, c’est l’engagement pris par beaucoup d’entre eux : rentrer dans leur communauté et transmettre ce qu’ils ont appris, en particulier aux personnes moins à l’aise avec la technologie.

C’est précisément là que réside la force de ce type d’initiative. Une réforme ne vaut que si elle est comprise et acceptée par ceux qu’elle concerne. En allant au plus proche des citoyens, JAIE et l’ARCEP donnent à chacun les moyens de ne pas se retrouver dépassé — et ça, dans une région comme le Plateau, ça compte vraiment.

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